Vers Dimanche

Vers Dimanche

Le paradis retrouvé- Edward Hicks

     

Prier avec une oeuvre d’art

Je me dispose pour un temps de prière et je laisse la prière de l’artiste me parler à travers l’oeuvre qu’il a réalisé… 

Je regarde pour écouter la Parole que Dieu m’adresse, je me laisse toucher, rejoindre, habiter par les couleurs, les gestes, les dessins. 

LE PARADIS RETROUVE

Edward Hicks, (1780-1849), Royaume pacifique, 1834, National gallery of art, Washington, DC

Edward Hicks est un peintre américain du 19e siècle, dans la mouvance de l’art naïf. Cet art adopte un style figuratif ne respectant pas les règles de la perspective. Hicks est également membre des quakers, mouvement religieux dont le témoignage le plus connu est un témoignage de paix. Ils sont engagés contre la guerre et pour la non-violence, et militent en faveur de la paix et de la réconciliation des peuples.

Le tableau le plus connu de Hicks est ce « Royaume pacifique » dont il a fait plus de 60 versions, pour illustrer le passage du chapitre 11 d’Isaïe :

« Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira.

  La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage.

  Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra ; sur le trou de la vipère, l’enfant étendra la main. »

Je regarde les animaux de la grande partie droite de cette peinture : ils sont disposés sans souci de réalisme dans les proportions, grandeurs, couleurs.

Le loup au-dessus de l’agneau :  on a l’impression qu’il croise les pattes délicatement pour éviter de toucher l’agneau et même pour le protéger. Son corps est noir, l’agneau est tout blanc. Cette attitude est surprenante, insolite, mais « Y a-t-il une merveille que le Seigneur ne puisse accomplir ? » (Gn 18,14). Seul Dieu peut permettre de tels prodiges.

Je recherche dans ma vie des exemples de rencontres personnes tellement différentes, incompatibles et qui pourtant ont pu s’entendre, dialoguer. Est-ce que cela m’est arrivé personnellement ? Comment ai-je vu l’action de Dieu dans cette rencontre.

Me suis-je émerveillé ? Ai-je rendu grâce ?

 

J’admire la description du léopard avec son magnifique pelage, couché près du chevreau, qu’offre Edward Hicks, A-t-il, comme le Douanier Rousseau, contemplé ces animaux dans des zoos, ou étudié des revues spécialisées ? Ces animaux sont magnifiques, merveille de la création, ils nous parlent de Dieu. Ces animaux vivent dans une non-violence inattendue, que jusqu’à présent on n’a jamais constatée sur terre.

Comment j’exprime mon émerveillement devant la beauté de la création ? J’exprime avec mes mots un chant de louange. « Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures, … » chante st François. Comment pratiquement je me fais « frère » des animaux de la création ? Quels gestes posés pour le respect de la création ?

Je fais mien le psaume Chaque matin, je réduirai au silence tous les coupables du pays, pour extirper de la ville du Seigneur tous les auteurs de crimes. Ps 100,8.

Quels actes est- ce que je pose personnellement pour que vienne le temps de justice et de paix ? Je relis une action faite récemment pour améliorer le sort d’un proche en difficulté.

 

Le lion et le veau sont proches l’un de l’autre, « ils sont nourris ensemble », c’est un rêve.

Ces paroles de Martin Luther King prononcées en 1963, ne sont-elles pas directement inspirées de ces versets d’Isaïe :

 ” Je rêve que, un jour, sur les rouges collines de Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité. […] Avec une telle foi nous serons capables de distinguer, dans les montagnes de désespoir, un caillou d’espérance. »

Je prie pour que ces versets d’Isaïe ne soient pas un conte de fées pour endormir les enfants malheureux et humiliés.

Dans la société qui m’entoure, est-ce que je peux déceler des réalisations préfigurant l’avenir que Dieu veut pour l’humanité, signe de sa présence agissante dans nos vies.

 

« Le loup et l’agneau auront même pâture, le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage ; le serpent, lui, se nourrira de poussière. Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte, – dit le Seigneur » (Is 65,25)

Le lion et la vache au premier plan rapprochent leur museau ! Bien insolite ! Pour Hicks le lion et le bœuf sont les symboles de la Rédemption. Isaïe exprime la paix paradisiaque dans des termes évoquant la création du livre de la Genèse et la re-création après le déluge.

Oui, notre monde reste une jungle où les loups dévorent les agneaux, un monde où les ours, les lions sauvages agressent les plus faibles, les malheureux, des peuples entiers de pauvres gens. Je cherche comment Dieu intervient, je vois nombre actions généreuses, des marques d’amour, ce sont des signes que Dieu nous donne. Quelle est ma part dans ces belles actions ?

Comment le Seigneur me sauve de mes propres barbaries, extérieures et intérieures ?

Je rends grâce de ces signes que Dieu me donne pour sauver l’homme et sa création.

 

Qui sont ces enfants qui volettent ça et là dans ce tableau de Hicks. Ils caressent les animaux sauvages sans crainte ? Ils semblent naïfs, innocents, pourquoi sont-ils là ? Sont-ils des intermédiaires pour que ces animaux vivent en bonne entente ? Quel est leur rôle ? Peuvent-ils quelque chose à côté de ces puissances que sont ces grands animaux sauvages ?

Pour annoncer sa Bonne Nouvelle Dieu se sert de tous les hommes avec leurs imperfections. Il ne rejette personne, ni le loup qui est en nous, ni l’agneau qui est aussi en nous. Oui je crois qu’Il est venu non pour détruire mais pour sauver.

Comment a-t-il réconcilié en moi ce qui ne paraissait pas réconciliable, le loup et l’agneau, la panthère et le veau ? Je relis une petite victoire sur un de mes défauts.

Je rends grâce pour son aide à réconcilier toutes les dimensions de mon être, mon désir d’amour et mon égoïsme qui s’y opposent. 

 

Qui sont ces hommes figurés par Hicks dans le fond du tableau ? Ce sont des Amérindiens coiffés de leurs plumes exubérantes et des colons qui signent un traité de paix et font commerce de draps. Calme et paix règnent aussi parmi les hommes.

Dieu vient restaurer ce qui est abîmé au coeur de l’homme. Je regarde en moi, autour de moi, comment Jésus a redonné beauté et harmonie dans les rapports entre les hommes.

Je présente à Dieu des échanges harmonieux vécus récemment avec mes proches ou des personnes rencontrées inopinément.

 

« Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer. » (v 9 )

A l’arrière-plan, Hicks a peint un beau paysage, calme, une rivière et une haute montagne. Il évoque les termes d’Isaïe sur un monde voulu par Dieu, grâce aux dons de son Esprit. La connaissance du Seigneur est liée à la montagne sainte. La montagne est le lieu des théophanies, là où Dieu se manifeste. « La connaissance de la gloire du Seigneur remplira la terre, comme les eaux recouvrent le fond de la mer ! » (Ha 1,14)

Je me souviens d’un moment passé en haut d’une montagne, comment ai-je ressenti la présence du Seigneur, comment ai-je entendu la parole du Seigneur, comment ai-je compris qu’il me soutenait dans mes rapports parfois difficiles avec mes proches ?

Ai-je un peu plus « connu » le Seigneur ? j’exprime mes découvertes.

« Le Seigneur aime le bon droit et la justice ; la terre est remplie de son amour ». (Ps 32,5)

 

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Retraite Ecologie - Laudato Si'

La retraite Ecologie de Notre Dame du Web revient sous le même modèle que les années passées. Vous êtes nombreux et nombreuses à vous être inscrits déjà à cette retraite. Plus nombreux encore peut-être à vous poser la question du “monde d’après” alors que nous sortons juste de confinement. Cette retraite qui se place dans le souffle de l’Esprit qui irrigue Laudato Si’ peut vous être d’une grande aide pour discerner ce que pourrait être ce “monde d’après” et comment nos vies peuvent y contribuer pour une plus grande gloire de Dieu dans sa Création avec tous ses fils et ses filles.

Cette retraite se déroule sur 7 jours. Chaque jour comprend une méditation en partenariat avec Prie en Chemin, un exercice bonus et un “super-bonus” pour celles et ceux qui veulent approfondir encore.

Rendez vous directement sur le mini-site de la retraite: https://www.ndweb.org/ecologie2020/

Pendant tout le mois de Juin vous aurez accès à tout le contenu de la retraite. A vous de choisir votre rythme. Nous vous conseillons un ou deux exercices par jour, en décidant d’avance du rythme et du lieu, et en prenant 20 à 30 minutes par exercice.

Bonne retraite à chacun et à chacune! Baignés par l’Esprit de Pentecôte, avançons avec le Seigneur pour construire “le monde d’après” dans la dynamique de Laudato Si’.

N’hésitez pas à partager le lien vers le mini-site de cette retraite!

ATTENTION: pour celles et ceux qui sont habitués aux retraites sur Notre-Dame du Web, il n’y a pas besoin de s’inscrire à cette retraite ci. Vous avez juste à enregistrer l’adresse du mini-site de la retraite et à vous y rendre quand vous voulez: https://www.ndweb.org/ecologie2020/

Résurrection- descente du Christ aux enfers- Fra Angelico

     

Prier avec une oeuvre d’art

Je me dispose pour un temps de prière et je laisse la prière de l’artiste me parler à travers l’oeuvre qu’il a réalisé… 

Je regarde pour écouter la Parole que Dieu m’adresse, je me laisse toucher, rejoindre, habiter par les couleurs, les gestes, les dessins. 

RÉSURRECTION-DESCENTE DU CHRIST AUX ENFERS

Fra Angelico (v 1400-1455), Descente du Christ aux enfers, 1437-1445, couvent Saint Marc, Florence.

 Fra Angelico réalisa les décorations des cellules du couvent saint Marc à Florence à partir de 1440 à la demande de Cosme de Médicis, lorsque le frère Antonin était prieur du couvent. La cellule 31 est consacrée à la descente du Christ aux enfers.

« La terre trembla et les rochers se fendirent. Les tombeaux s’ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent, et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la Ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens. » (Mt 27, 51-53)

Le Christ qui remonte des enfers est la représentation privilégiée de la Résurrection, l’anasthasis, dans l’iconographie orientale. Il est vrai que la formule « descendu aux enfers » n’apparaît que tardivement dans le Credo de l’Église, au 9e siècle.

Pour commencer cette méditation je chante la prière que nous avons lu le matin de Pâques : « Le Christ est ressuscité des morts, par sa mort, il a vaincu la mort ; à ceux qui sont dans les tombeaux, il a donné la vie »

 

« Tu ne peux m’abandonner au séjour des morts ni laisser ton fidèle voir la corruption. Tu m’as appris des chemins de vie, tu me rempliras d’allégresse par ta présence. » (Ac 2,28)

Fra Angelico a choisi cette iconographie pour représenter la Résurrection du Christ.

Jésus est vêtu d’une ample robe et d’une tunique blanches.  Tout est lumière resplendissante : les Limbes sont ainsi changés en séjour des bienheureux.

 Je regarde Jésus, rentrer dans mon univers « endormi », je l’entends m’appeler « éveille toi, ô toi qui dors ».

 Je me remémore un moment où j’étais « endormi », peut-être indifférent, et puis j’ai senti que j’étais illuminé par le Christ, appelé à sa Vie. Il me dit « tu es en moi, et je suis en toi ». Est-il possible que je vive cette communion ? Qu’est-ce qui pourrait m’en empêcher ?

Jésus porte son étendard de la victoire, avec la « croix de saint Georges » rouge sur fond blanc, un héritage du temps des croisades. C’est un Christ victorieux de la mort, un Seigneur fort, vaillant que nous prions en ce temps de Pâques. Il est nouveauté, il n’est plus enfermé dans le temps, il est « re-création ». Il apporte la vie à tous les hommes de tous les temps.

Comment est-ce que je remplis mon rôle de baptisé pour annoncer la résurrection de Jésus ?  Je brandis mon étendard ? Je vais sur les places annoncer Jésus ? Je prie dans le silence de mon oratoire ?

 

 « Si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine » (1 Co 15,17)

 Oui c’est bien Jésus le crucifié qui est là, sa main gauche et son pied gauche portent la trace discrète des clous de la crucifixion. C’est lui qui était mort, qui a partagé notre condition humaine, et qui vient nous proposer une vie nouvelle, il est notre Sauveur qui va jusqu’au bout de son amour.

Où en est ma foi ? Aujourd’hui je ne peux pas toucher Jésus, mais je fais comme Thomas, un acte de foi sincère, « mon Seigneur et mon Dieu ! »

Quelle joie ai-je ressentie quand j’ai proclamé ma foi devant le Christ ressuscité ? Je sais que je ne peux le faire qu’avec l’aide du Saint Esprit. Je rends grâce.

 

« David a vu d’avance la résurrection du Christ, dont il a parlé ainsi : Il n’a pas été abandonné à la mort, et sa chair n’a pas vu la corruption ». (Ac 2,31)

 Fra Angelico a représenté Jésus, bien réel, mais juché sur un petit nuage, faisant irruption aux enfers, le lieu de rétention souterraine des « élus », c’est à dire des justes de l’Ancienne Alliance, qui sont tous représentés nimbés.

 

« C’est alors qu’il est parti proclamer son message aux esprits qui étaient en captivité ». (1 P 3 ,19)

Le ressuscité apparaît en pleine action, rien ne lui résiste. Il a franchi la frontière entre deux mondes contrastés, celui de la lumière et de l’ordre auquel appartient encore le mur maçonné et rectiligne, en parfait état où s’inscrivent la porte et son ouverture, et le monde sous terre, caverneux, bosselé, ombreux et plein de fissures, bien qu’esthétiquement les rochers soient idéalisés comme ils le sont dans les icônes.

Jésus va de l’avant, victorieux et libérateur. Il ne s’adresse pas à un auditoire tranquillement assis, mais c’est une rencontre mouvementée que Fra Angelico présente, il invite à une jonction victorieuse entre deux camps alliés où la joie se mêle à l’impatience.

Le Christ « passe » dans la mort pour que la lumière de vie s’infiltre dans les ténèbres et fasse éclater ce qui enferme, pour faire éclater en plein jour la victoire de l’Amour divin.

Victoire tu régneras, o croix tu nous sauveras !!

 Comment est-ce que je manifeste mon enthousiasme quand je vais rendre service ? Je montre que je suis heureux de le faire ? Quels gestes je peux faire pour partager ma joie ?

 Quand je suis empêtré dans mes difficultés, qu ‘est-ce que je fais pour laisser passer la lumière de Jésus dans ma vie ? Je cherche des expériences vécues récemment, ou encore j’imagine ce que je pourrais faire.

 

« Comme la tente des fiançailles est dressée chez le fiancé, mon amour protège ceux qui croient en moi ». Ode 42 de Salomon

 Je regarde avec attention le geste que fait Jésus dans la fresque de Fra Angelico :

La main de Jésus se pose sur les deux mains du vieillard qui s’approche de lui, comme s’il les bénissait. Sa main se donne et repose sur les deux mains ouvertes du vieillard.

Ce geste a été comparé à celui que font les époux lors du sacrement du mariage : comme si Jésus, second Adam, contractait une union éternelle avec le premier Adam qu’il est venu chercher pour lui donner la vie éternelle.

 Oh Jésus, prends-moi par la main, relèves-moi de mes enfers, tires moi hors de mes ténèbres. Quand ai-je pu faire cette prière ?

 Comment est-ce que j’accepte la main tendue de Jésus qui se donne à moi ? Je l’accepte ? Je la refuse ? Je dis « oui » pour la vie ?

 J’exprime avec mes mots le manière dont j’ai pu faire alliance avec Jésus, comment j’ai pu m’abandonner à lui, comment je m’engage avec lui. Je cite des exemples dans ma vie récente. 

 

« C’est pour cela que l’Évangile a été annoncé aussi aux morts, afin que, jugés selon les hommes dans la chair, ils vivent selon Dieu dans l’Esprit. » (1P 4,3)

Et cette foule courant vers Jésus ?   La Vie donnée au genre humain a été imaginée par Fra Angelico comme une rencontre entre une foule qui aspire à la vie et marche ensemble vers la lumière et le Christ Sauveur qui lui en ouvre l’accès.

Dans la foule on remarque Jean le Précurseur qui, les mains jointes, semble dire « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » (Jn 1,29). A côté de lui Eve avance les bras croisés sur la poitrine.

La foule est nombreuse bien groupée, Jésus vient sauver tous les hommes, de tous les temps, ceux d’hier, ceux d’aujourd’hui, ceux de demain. Il les rejoint.

« Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel ! Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière ! » (Ps 129)

 Comment depuis mes ténèbres je mets tout mon élan pour rencontrer Jésus, « ma lumière et mon salut » (ps 26) ? Que dois-je quitter pour l’atteindre ? Quelle espérance m’habite ? Quelle joie est-ce que je ressens ? Puis-je la définir ?

Je rends grâce pour cette venue de Jésus aujourd’hui, chez moi, tel que je suis, dans ma solitude.

 Je confie au Christ les personnes que j’ai connues qui sont aujourd’hui en Dieu, je les confie à Dieu.

 

  « Moi, je suis le Premier et le Dernier, le Vivant : j’étais mort, et me voilà vivant pour les siècles des siècles ; je détiens les clés de la mort et du séjour des morts. » (Ap 1,17-18)

 L’arrivée irrésistible de Jésus a eu pour effet de renverser la porte des enfers sur son gardien qui gît sous elle, inanimé. Rien ne lui résiste, il impose son pouvoir sur la mort et les puissances infernales. Rien ne peut retenir l’homme loin de Dieu, l’homme est désormais rétabli dans sa vocation première de communion avec Dieu et avec les autres hommes.

« La porte de la mort est ouverte depuis que dans la mort habite la vie, c’est à dire l’amour » (Cl Ratzinguer).

Fra Angelico représente les comparses de Satan avec des corps bestiaux et velus. Ils s’enfuient ou se réfugient dans les anfractuosités des rochers en épiant peureusement l’action du Christ.

Oui le Seigneur « brise les portes de bronze, il casse les barres de fer. Je remercie le Seigneur de son amour, des merveilles qu’il fait pour les hommes (ps 107).

 Comment est-ce que je laisse Jésus renverser ma porte solidement fermée par mes fautes, pour faire irruption dans ma vie ? Je me souviens d’un moment où mes oppositions, mes réticences ont été écrasées, anéanties. Comment l’ai-je vécu ?

 Je finis ma méditation en demandant la grâce de faire l’expérience du Christ ressuscité, en espérant le bonheur de rencontrer le Maître de la Vie qui me tire de mes ténèbres.

 « Ne permets pas Seigneur que je sois jamais séparé de toi »

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Malt et Dorge - Nouvelle

Dorge est accompagnée de Malt, un sage et paisible tigre bleu.
Ensemble ils observent le monde et s’interrogent sur l’homme, la société, la vie…

Ce mois-ci Malt et Dorge découvrent ce qui les transforment vraiment!

Cliquer sur l’illustration pour la voir en plein écran.

© https://margueritelebouteiller.com/ 

 

  1. Je regarde une première fois cette petite bande dessinée : L’histoire, les couleurs choisies, je lis le texte…
  2. Puis je reviens plus particulièrement sur les textes : Qu’est ce qui me vient à l’esprit ? Un souvenir, un sentiment, une question… Je reste avec ces impressions.
  3. Enfin je contemple chaque dessin : Les détails, ou ce qui est suggéré ; les couleurs, les harmonies et ruptures ; les mouvements ou attitudes…  Je me laisse nourrir de ce que je contemple.

Quelques pistes de méditation :

Résurrection !

Au matin de Pâques, les disciples constatent le tombeau vide. Ce vide pourtant ne suffit pas à nous faire croire en la résurrection de Jésus. En revanche, la force, le courage, la joie, l’assurance, le dynamisme, etc… qui ont habité ceux qui ont vu le Ressuscité et reçu l’Esprit Saint a été pour leurs contemporains un vrai témoignage !

→ Et moi, aujourd’hui ? Qu’est ce qui fait que je crois au Christ ressuscité ?

 

 Vie éternelle au quotidien

Le Christ, ressuscité, nous promet la vie éternelle. Cette vie éternelle, nous sommes appelés à la vivre dès aujourd’hui, dans notre vie « terrestre », chaque fois que dans notre quotidien, nous laissons toute la place à la vie, à l’amour, au don

→ Qu’est-ce qui, en moi, pourrait être appelé à mourir pour ressusciter à une vie nouvelle ?

 

« Nous en sommes témoins ! »

Aujourd’hui, Dorge se sent déborder d’un amour si grand qu’il pourrait bien « embraser le monde ».

→ Ai-je déjà eu la sensation que ma joie de croire rayonnait au-delà de moi-même pour m’animer d’une manière particulière aux yeux des autres ? J’ose demander à l’Esprit Saint de faire de moi un témoignage vivant pour le monde !

 

 A la fin de ce temps de prière, 

je note une ou deux choses qui me sont venues dans la prière.

 

© Marguerite Le Bouteiller

 

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Micro-topo: Pourquoi cette crise?

Sr Claire de Leffe, du Cénacle de Versailles vous propose quelques pistes pour avancer en confiance dans ces temps troubles.

Comment chercher et trouver Dieu en cette période de crise sanitaire et sociale?

Vous trouvez ci dessous ce petit topo en vidéo, ou bien le texte juste après.

 

Nous arrivons à la fin de la deuxième semaine de confinement. Après la sidération, l’organisation, nous voici désormais à un moment où nous nous interrogeons : pourquoi ?

Certains peuvent se demander si c’est une punition de la part de Dieu pour nos péchés, pour le manque de solidarité mondiale, pour avoir abusé de la planète etc.

D’autres peuvent se dire que Dieu a envoyé ce virus ou a permis que cette pandémie se répande pour nous obliger à nous purifier, pour que nous prenions conscience de tous nos dérèglements.

Nous voilà convoqués devant cette question du mal subi, en cette période de crise profonde, humanitaire, sociale, économique, et spirituelle. En ce temps de carême où nous sommes appelés, exhortés à la conversion, comment entendre l’appel de Dieu ?

Cette question de la présence de Dieu face au mal, les générations précédentes se la sont posée de manière très insistante lors de la seconde guerre mondiale, ou au Moyen-Age quand la peste faisait des ravages dans la population. On peut se dire que c’était une autre réalité, un autre monde. Mais cette question a déjà été posée, plus avant encore, il y a plus de 2000 ans. Nous la trouvons dans le livre de Job par exemple : s’il est atteint du mal, c’est sûrement qu’il a péché ou qu’il y a un vouloir de Dieu pour son bien. Cette question, les disciples eux-mêmes la posent à Jésus devant un homme aveugle : qui a péché, lui ou ses parents ? (Jn 9, 2)

Mettre Dieu en réponse à la question du mal est une impasse. Dieu n’est pas venu répondre à la question du mal. Il est venu habiter notre monde pour y être présent, le transformer pour que s’ouvrent des chemins de vie. En effet, comprendre le mal en lien avec un Dieu bon et tout-puissant nous ramène à l’image que nous avons de Dieu, à ce que nous attendons de Lui. Du temps de Jésus l’enjeu était bien celui-là. Et c’est une des raisons pour laquelle Jésus est mort. Tous attendaient un Messie glorieux. Dans l’Evangile de Jean chapitre 7, nous entendons cette question : « Le Christ peut-il venir de Galilée ? ».

Où attendons-nous Dieu ? Comment attendons-nous qu’il se manifeste ? Qu’attendons-nous de Lui aujourd’hui ? En ce temps de carême nous ne cessons d’entendre l’appel à être des enfants de Lumière, à choisir la Vie avec le Christ, à choisir la Vie de Dieu. Nous pouvons demander la grâce au Seigneur d’ouvrir nos yeux, nos cœurs, nos oreilles pour voir, entendre, accueillir les chemins de vie de Dieu, reconnaître sa présence à nos côtés, recevoir son Amour compatissant et son cœur qui se penche sur notre misère. Et avec Lui, en Lui, nous convertir pour choisir la Vie, choisir Sa vie, dans le réel d’aujourd’hui, au cœur même de la tragédie que nous sommes en train de vivre.

Rendez vous directement sur le mini-site de la retraite: https://ndweb.org/premiers-pas-dans-la-priere/

Pendant cette période de confinement vous aurez à tout le contenu de la retraite. A vous de choisir votre rythme. Nous vous conseillons un ou deux exercices par jour, en décidant d’avance du rythme, et en prenant 20 à 30 minutes par exercice.

 

 

Acte de confiance en Dieu

Saint Claude de LA COLOMBIERE
(1641-1682)

Mon Dieu, je suis si persuadé que Vous veillez sur ceux qui espèrent en Vous, et qu’on ne peut manquer de rien quand on attend de Vous toutes choses, que j’ai résolu de vivre à l’avenir sans aucun souci, et de me décharger sur Vous de toutes mes inquiétudes  : « Pour moi, mon Dieu, je dormirai et me reposerai dans la paix que je trouve en Vous  ; parce que Vous m’avez, Seigneur, affermi d’une manière toute singulière dans l’espérance que j’ai en Votre divine bonté » (Ps IV, 9-10).

Les hommes peuvent me dépouiller et des biens et de l’honneur, les maladies peuvent m’ôter les forces et les moyens de Vous servir, je puis même perdre Votre grâce par le péché  ; mais jamais je ne perdrai mon espérance, je la conserverai jusqu’au dernier moment de ma vie,  et  tous  les démons de  l’enfer  feront  à  ce moment de vains  efforts pour me l’arracher  : « Pour moi, mon Dieu,  je dormirai et me reposerai dans  la paix que  je trouve en Vous… ».

D’aucuns peuvent attendre leur bonheur de leurs richesses ou de leurs talents, d’autres s’appuyer sur l’innocence de leur vie, ou sur la rigueur de leurs pénitences, ou sur le nombre de  leurs  aumônes, ou  sur  la  ferveur de  leurs prières : « Parce que Vous m’avez, Seigneur, affermi d’une manière singulière dans l’espérance… » : pour moi, Seigneur, toute ma confiance c’est ma confiance même  ; cette confiance ne trompa jamais personne  : « Sachez que jamais personne qui a espéré dans le Seigneur n’a été confondu dans son espérance » (Eccl. II, 11).

Je suis donc assuré que  je serai éternellement heureux, parce que  j’espère fermement de l’être, et que c’est de Vous, ô mon Dieu, que j’espère : « C’est en Vous, Seigneur, que j’ai espéré ; ne permettez pas que je sois confondu à jamais » (Ps. XXX, 2).

Je connais, hélas! Je ne connais que trop que je suis fragile et changeant, je sais ce que peuvent les tentations contre les vertus les mieux affermies, j’ai vu tomber les astres du ciel et les colonnes du firmament, mais tout cela ne peut m’effrayer : tant que j’espèrerai je me tiens à couvert de tous les malheurs, et je suis assuré d’espérer toujours, parce que j’espère encore cette invariable espérance.

Enfin, je suis sûr que je ne puis trop espérer en Vous, et que je ne puis avoir moins que ce que j’aurai espéré de Vous. Ainsi, j’espère que Vous me soutiendrez dans les tentations les plus violentes, que Vous ferez triompher ma faiblesse de mes plus redoutables ennemis ; j’espère que Vous m’aimerez toujours, et que  je Vous aimerai aussi sans relâche ; et pour porter  tout d’un coup mon espérance aussi  loin qu’elle peut aller,  je Vous espère Vous-même de Vous-même, ô mon Créateur, et pour le temps et pour l’éternité.

Ainsi soit-il !

 

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