dimanche 27 mai 2012, fête de la Pentecôte

Année B, Jn 7, 37-39

Le dernier mot

Un commentaire du Père Marcel Domergue, sj

Le don de l’Esprit est le dernier mot, le couronnement, du parcours pascal du Christ. Après ce don commence la longue marche des disciples et de l’humanité vers l’accomplissement de la création, le “Temps ordinaire”. Un temps plein d’Esprit. Par l’Esprit le Christ nous devient intérieur, tellement mêlé à nous qu’il est difficilement identifiable, plus intime que notre propre intimité. Voici quelques thèmes et images scripturaires qui peuvent nous permettre de progresser dans l’intelligence de l’Esprit.

 

D’abord, les langues
Un feu qui se divise en langues (Luc 2,3) : l’unité se fait diversité. Sans doute veut-on nous dire que l’Unité divine est trop riche pour s’exprimer selon un seul modèle. Comme le corps humain, l’homme nouveau est un organisme, organisation et unification d’une multitude. Un seul Esprit, toutes les langues ; une seule équipe apostolique, la totalité des nations. On a souvent noté que la Pentecôte annule la division provoquée à Babel par la volonté humaine de puissance (1re lecture du samedi soir). Nous sommes toujours invités à passer du régime de Babel au régime de l’Esprit pour la constitution de ce Corps dont parle la seconde lecture du jour. Certes, le spectacle est moins grandiose que celui du don de la Loi (Exode 19, 2e lecture du samedi, au choix). Cependant, le texte des Actes parle d’un bruit semblable à celui d’un vent violent et le feu du ciel est au rendez-vous. C’est que nous passons du statut de soumission à la Loi au statut de liberté dans l’Esprit. Le nouveau Babel s’accompagne d’un nouveau Sinaï. Désormais, nous serons mis en mouvement par l’Amour qui est le lien de la Trinité. Alors la Loi sera parfaitement observée, accomplie, non plus au nom de la Loi mais par la force de l’amour.

 

Le vent violent
Au chapitre 2 de la Genèse, nous voyons l’homme de terre animé par le souffle même de Dieu, ce souffle qui signifie la respiration mais aussi la vie. Ce souffle de Dieu peut se faire vent violent pour assécher les eaux du déluge ou partager la Mer Rouge, souffle nouveau pour une vie nouvelle (Ézéchiel, 2e lecture du samedi), brise légère qui vient révéler à Élie la présence divine (1 Rois 19,12). Jésus dira que ceux qui sont nés de l’Esprit sont comme le vent, qui souffle où il veut (Jean 3,8). Dans l’évangile du jour, Jésus reproduit le geste de Dieu animant Adam : il communique son souffle à ses disciples ; les Actes se contentent de parler d’un « bruit pareil à celui d’un violent coup de vent ». Tout cela signifie vie, extrême mobilité, liberté.

 

La joie
La ” séquence ” que l’on trouve entre la 2e lecture et l’évangile nous présente l’Esprit comme la lumière et l’opérateur de tout ce que Dieu accomplit en nous et pour nous. Ce texte se termine par « la joie éternelle ». Dans le discours après la Cène, l’Esprit est souvent appelé défenseur, l’avocat de la défense qui soutient, encourage, assiste son client au cours d’un procès. Tout cela nous dit que la venue de l’Esprit se manifeste par une inondation de joie, ce que les auteurs spirituels ont appelé « consolation ». On parle souvent de Dieu comme du juge qui va rétribuer chacun selon ses oeuvres, mais on oublie facilement que c’est ce même Dieu qui est notre défenseur.

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