dimanche 4 mars, la Transfiguration

 

Les références des textes du dimanche
Genèse 22, 1…18
Psaume 115
Romains 8, 31-34
Marc 9, 2-10

Le commentaire des lectures bibliques par Marcel Domergue, jésuite, rédacteur, Cahiers Croire

 

Pour la première fois Jésus vient d’expliquer à ceux qui le suivent qu’il devra être rejeté, tué puis ressusciter trois jours après. Pierre s’est indigné et Jésus l’a rabroué vigoureusement. Remarquons que Pierre n’a fait qu’exprimer la réaction secrète, inavouée, de bien des chrétiens quand ils prennent conscience de la réalité de la Passion du Christ. Sans compter que Jésus ajoute que nous devons tous en passer par là. C’est alors qu’il prend avec lui Pierre, Jacques et Jean et les conduit sur une “haute montagne”. Ces trois disciples devront aussi l’accompagner à Gethsémani et deviendront plus tard les piliers de l’Église. Les voici sur une haute montagne et Jésus devient devant eux resplendissant d’une lumière étincelante qui préfigure sa résurrection. Résurrection qui sera l’aboutissement de tout le récit biblique. Moïse et Élie, “la Loi et les prophètes”, reçoivent ici la révélation de ce qu’ils ont annoncé et préfiguré obscurément. Ils représentent le cheminement passé vers l’irruption de la lumière, les trois disciples en sont l’avenir. Cet avenir, qui recopiera en eux l’itinéraire pascal de Jésus, ils ne le soupçonnent pas encore et ils voudraient bien arrêter le temps et s’installer dans la figure d’une gloire qui ne viendra que plus tard : “Il est heureux que nous soyons ici ; dressons trois tentes…” Le texte dit qu’ils sont épouvantés et c’est cette peur, qui devra plus tard disparaître pour céder la place à la foi, qui les immobilise. C’est alors qu’un sombre nuage les enveloppe. À la place de la lumière étincelante, se fait entendre une voix qui déclare Jésus “Fils bien-aimé”, les mêmes mots qu’au baptême, lui aussi préfiguration de la Pâque. Quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse, quel que soit le chemin qu’il va parcourir, Jésus reste et restera le Fils bien-aimé.

Jésus seul…
Et voici que “soudain”, dit le texte, le Jésus resplendissant redevient le Jésus de tous les jours. Moïse et Élie ont disparu. Il n’est plus question de nuée ni de voix céleste. Comme si rien ne s’était passé. Maintenant il va falloir redescendre de la montagne, le haut lieu des révélations divines (penser au don de la Loi fait à Moïse sur le Sinaï et à Elie visité par Dieu sur l’Horeb), et retourner à la vie ordinaire. Toutes proportions gardées, nous faisons tous des expériences analogues. Il nous arrive de connaître des moments d’allégresse spirituelle, de découvertes lumineuses après quoi tout retombe dans la platitude de l’ordinaire. Même si nous n’avons pas à faire part à quiconque de nos instants lumineux, gardons-nous d’en perdre le souvenir. Au contraire, revivons-les. Faisons comme Pierre. Dans sa seconde lettre, en 1,16…, nous lisons : “Ce n’est pas en suivant des fables habilement inventées que nous vous avons fait connaître la puissance et l’Avènement de notre Seigneur Jésus-Christ; c’est pour avoir contemplé sa majesté. Il reçut en effet honneur et gloire de Dieu le Père quand de la gloire cette voix lui parvint : celui-ci est mon Fils bien aimé; il a tout mon amour. Cette voix, nous l’avons nous-mêmes entendue venir du ciel quand nous étions avec lui sur la sainte montagne…” On peut rester surpris d’entendre Pierre fonder la vérité de son message non sur la Résurrection mais sur la Transfiguration. Il s’en tient à l’événement annonciateur, sans doute pour aider la foi en l’événement pascal : la transfiguration ne trouve sa pleine valeur que dans l’événement pascal qui lui donne accomplissement. La résurrection du Christ est elle-même anticipation : elle ouvre une histoire nouvelle, celle de l’entrée de l’humanité dans la Vie indestructible. C’est pourquoi nous attendons le “retour du Christ”.

Répondre

  

  

  

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.