25 mars 2012: 5ème dimanche de Carême

Les références des textes du dimanche
Jérémie 31,31-34
Psaume 50
Hébreux 5,7-9
Jean 12,20-33 

Le commentaire des lectures bibliques
par Marcel Domergue, jésuite, rédacteur, Cahiers Croire

Notre évangile nous parle de ce que Jésus vient accomplir dans le monde en termes de glorification.
Que signifient “glorification”, “rendre gloire” ? D’abord, ce qui vient d’être dit à propos de “croire” (commentaire précédent). Il s’agit de se fier totalement, en toutes choses, à Dieu reconnu amour absolu. Oui, mais cela concerne chacun de nous, individuellement. Il y a en outre dans la glorification un aspect collectif, en quelque sorte une dimension de publicité. Dieu va glorifier son Fils. Jusqu’ici le Christ a été méconnu, contesté par les notables, confondu avec des prophètes du temps passé. Souvenons-nous de la question d’identité qui se pose tout au long des Évangiles. Maintenant, Jésus va être révélé, proclamé, annoncé. Élevé de terre, il attirera à lui tous les hommes. Tous les hommes : pas seulement les membres de son peuple. Ce n’est pas par hasard que cette annonce de la glorification vient à la suite d’une demande provenant de Grecs désireux de voir Jésus. Bientôt, dira Paul, “il n’y aura plus ni Juif ni Grec (…) Vous n’êtes tous qu’un dans le Christ Jésus” (Galates 3,28). Le terme “Grecs” s’applique souvent à tous les non-Juifs. Pour le moment, ces “Grecs” voient Jésus comme un faiseur de miracles, un prédicateur disant des choses étonnantes. Avec autorité, c’est-à-dire sans s’abriter sous l’aile d’un enseignant antérieur. Dans leur désir de “voir Jésus” se tient sans doute, plus ou moins claire, la volonté d’aller plus loin. Ils sentent probablement qu’en Jésus quelque chose leur échappe. En réalité, ce qui leur échappe est encore à venir et pourtant c’est déjà là : “l’heure est venue”. Le terme “maintenant” revient trois fois dans notre texte. Les Grecs sont venus “pour la Pâque”. Arrive la Pâque au regard de laquelle toutes les Pâques antérieures, depuis Moïse, deviendront des figures prophétiques.

Le chemin de la gloire
Jésus va donc être glorifié, reconnu pour ce qu’il est, et cette gloire qu’il recevra sera gloire de Dieu. Ce qu’il est échappe encore et va surprendre, déconcerter. Certes, Jésus à déjà reçu quelque gloire, par exemple à l’occasion des miracles accomplis, mais la gloire qu’il va maintenant recevoir ira bien au-delà : glorifié comme donneur de vie et de santé, il va connaître la gloire d’accepter de perdre sa propre vie, de la donner pour que les autres en vivent. Et cela révélera “comment est Dieu”. Pour nous, la Toute-Puissance se fait toute-faiblesse, le Maître absolu se fait serviteur, celui auquel il appartient de gouverner va se faire “obéissant jusqu’à la mort et la mort de la croix” (Philippiens 2,8). Parce que les hommes ont choisi le mal et non le bien (Genèse 3), tout passe en son contraire. Prodigieux : le meilleur va advenir par le pire et la gloire viendra par la déchéance. Ainsi, l’homme sera rejoint et assumé aussi loin qu’il puisse aller. La mort sur la croix est en quelque sorte la mort qui nous est due. Jésus nous dit qu’il redoute cette heure, et son “agonie” à Gethsémani nous montre bien qu’il ne fait pas semblant d’affronter cette mort, même si la croix devient gloire, même si, par conséquent, elle se transforme en son contraire. Pour nous, comme pour lui, glorifier Dieu consiste à mettre en lui une confiance totale, absolue, une confiance qui va jusqu’à accepter de perdre notre vie. Alors que nous vivons au milieu d’embarras, de soucis, de problèmes, parfois de souffrances, reconnaissons que nous sommes aimés d’un amour qui va jusqu’à se charger de tout ce fardeau. Non seulement pour le partager mais pour transformer en source de vie tout ce qui nous détruit. C’est tout cela, et bien d’autres choses, que nous allons parcourir et intégrer pendant la semaine pascale.

 

Répondre

  

  

  

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.