Être missionnaire, c’est... (Fabrice Hadjadj)

Fabrice Hadjadj (15 septembre 1971 – …) est un écrivain et philosophe français, directeur de l’Institut Philanthropos.

a-quoi-sert-de-gagner-le-mondeIl écrit en 2002 pour le 450° anniversaire de la mort de saint François Xavier, une pièce de théâtre intitulée “A quoi sert de gagner le monde ?” Cette pièce met en scène l’itinéraire hors du commun d’un étudiant navarrais du début du XVIe siècle. Au-delà du périple extraordinaire qui conduit François-Xavier des pentes de la montagne Sainte-Geneviève aux portes de l’empire de Chine, c’est l’itinéraire spirituel de cet homme qui garde une grande actualité. Parti pour annoncer l’Évangile aux nations, François-Xavier a vécu une aventure intérieure qui l’a totalement transformé et rendu frère de tout homme en recherche d’absolu.

 

Être missionnaire, c’est aller à la rencontre du Christ déjà présent chez les autres

« Je croyais avoir à faire de ces japonais des chrétiens… je me suis aperçu qu’il fallait d’abord que le chrétien se fasse japonais… j’ai compris que je ne leur donnerai le Christ que dans l’exacte mesure où je le recevrai, où je le reconnaîtrai déjà en eux…

Tous ces visages sont icônes de vous, ô mon Dieu !
… Autant de proues de votre mystère, ces visages par lesquels vous venez à moi, mon Dieu, avec cette route que vous glissez sous ma foulée,
Avec les pavés de Paris et les prairies de Montmartre,
Avec les canaux de Venise et les lagons de l’île du More,
Avec les rues de Rome, les déserts du Cap Comorin, les neiges devant Miyako,
C’est vous qui venez à moi, mon Dieu,
Et maintenant cette brise qui me souffle de la Chine et de plus loin encore, c’est vous, mon Dieu, qui venez à moi.

Car je sais à présent. Je sais et les gens qui parleront beaucoup ne sauront pas.
Ils croiront que je partais gagner le monde alors que c’est vous qui partiez gagner mon âme,
Ils croiront que j’allais porter le Christ aux Chinois alors que c’est vous, vous avant tout, qui le portiez à moi à travers eux,
Et c’était à moi d’entrer d’abord par la porte du prochain, pour que nous sortions ensemble par la porte de Dieu, par votre porte.

Y ai-je réussi ?
Votre serviteur inutile a-t-il réussi ?
Ce n’est pas moi qui moissonnerai. Ce n’est pas moi qui me présenterai les bras chargés de gerbes. Je suis le mendiant aveugle au bord du chemin
Et je te tends deux mains qui caressent le vent, deux mains plus que vides, car je sais que ces mains qui demandent c’est déjà toi qui me les donnes.

Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! »

“A quoi sert de gagner le monde ?” de Fabrice Hadjadj

 

 

 

 

Quelques pistes pour intérioriser cet écrit spirituel :

Je commence

  • par déterminer le moment, le lieu et la durée de ma prière.
  • En entrant, je m’arrête un instant pour « considérer comment Dieu me regarde » et m’accueille…
  • Je m’offre à lui tel que je suis en ce moment pour le rencontrer
  • Je lui demande la grâce de me laisser rejoindre et déplacer peut-être par l’expérience de François Xavier

Quand je me sens disponible intérieurement,

  • Je prends le temps de relire ce texte à haute voix pour l’écouter et l’entendre
  • Je fais attention aux verbes et à leurs temps, à ceux qui reviennent, qui me parlent davantage
  • Je laisse venir en moi des lieux et des visages de ma vie actuelle et du monde aujourd’hui…et je les présente au Seigneur avec ce que cela fait naître en moi

Je termine

  • en parlant à Dieu comme un ami parle à un ami
  • Je laisse ma prière s’élargir dans un Notre Père, en communion avec toute l’Église et l’humanité aujourd’hui

 

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