Eugénie Smet, apôtre des passages à vivre

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Eugénie SMET, bienheureuse Marie de la Providence (1825-1871) : tout recevoir de Dieu et tout lui offrir !

Eugénie SMET a choisi comme nom de religieuse Marie de la Providence, nom qui exprime bien le visage de Dieu auquel elle croit et sur qui elle fonde sa vie. Née d’une famille enracinée dans une longue tradition de foi, Eugénie est à la fois une femme de continuité et de rupture dans l’Église de son temps.

Elle reconnaît très tôt que Dieu intervient dans son histoire personnelle et la comble de bienfaits, se révélant ainsi comme Providence. La relation d’Eugénie à Dieu est une relation de confiance et d’abandon total, fondée sur la certitude, acquise par l’expérience, que Dieu lui est fidèle. Toute sa vie, elle lira les événements qui surviennent comme des signes que Dieu lui donne pour lui faire connaître sa volonté. Animée d’une foi qui déplace les montagnes et d’un amour de la vie communicatif, elle attend tout de Dieu et désire en retour tout lui donner. Elle s’y emploie par de multiples activités, mais aucune ne répond à ce qu’elle cherche: aider tous les hommes, quels qu’ils soient, à rencontrer Dieu.

Appelée au service des plus délaissés…

Pourtant un chemin va s’ouvrir : grâce à la mystérieuse solidarité qui unit les vivants et les morts, Eugénie découvre qu’il est possible de se mettre, d’un même mouvement, au service des « plus délaissés de ce monde et de l’autre ». Elle fonde alors les Sœurs Auxiliatrices du Purgatoire, pour une mission universelle : « aider à tout bien quel qu’il soit » ; « aller des profondeurs du Purgatoire jusqu’aux dernières limites de la terre ». Bientôt l’Institut reçoit comme un don de Dieu ce qui lui permet de prendre réellement corps : l’insertion dans une grande tradition spirituelle, celle dont saint Ignace de Loyola fut l’initiateur.

Elle exprime sa foi à travers la piété de son temps. Or le XIXe siècle est une époque fortement marquée par la dévotion aux âmes du Purgatoire. Cette dévotion s’exprime souvent par une insistance sur la nécessité de souffrir et d’expier en ce monde, pour abréger les souffrances après la mort. Eugénie découvre très jeune une telle dévotion, mais elle la transforme de l’intérieur, en reconnaissant le mystère du Purgatoire comme celui d’une expérience radicale de l’amour.

Elle peut alors fonder un Institut ayant pour tâche principale de permettre à tous les hommes, vivants et morts, de faire l’expérience de la rencontre de Dieu comme expérience de l’amour. Dans cet esprit elle invite les Auxiliatrices à ne pas se lier à une œuvre particulière et à ne se laisser arrêter par aucune frontière pas même celle de la mort.

La mission est universelle : « aider à tout bien quel qu’il soit » ; « aller des profondeurs du Purgatoire jusqu’aux dernières limites de la terre ».

Croire à la folie de la Résurrection pour nous aujourd’hui

Aujourd’hui, les sœurs auxiliatrices à la suite de Marie de la providence sont appelées à  accompagner les personnes qui  font ces passages de la mort à la vie. En effet, nous pourrions parler du purgatoire comme passage de la mort à la vie, de toutes ces morts que nous subissons : chômage, rupture amoureuse, échec scolaire, fin de toute activité à cause d’une grave maladie, moins de force, d’énergie au tournant de la vie, jusqu’ au  grand passage. Dans ce mouvement pascal, nous sommes invités à espérer contre toute espérance.  Cela a beaucoup de sens dans notre société française qui dans ce climat actuel, nous convoque à croire à cette folie de la résurrection pour nos contemporains et pour nous aujourd’hui.

Les sœurs auxiliatrices accompagnent aussi d’autres passages tout aussi fondamentaux comme ces temps de croissance, de maturation en accompagnant les jeunes,  les catéchumènes, les personnes en recherche de sens à leur vie etc..

Marie de la Providence en quelques dates

  • 25 mars 1825 : naissance d’Eugénie SMET à Lille
  • 1836-1843 : elle est élevée au Sacré Coeur à Lille
  • 1843-1853 : elle mène une vie apostolique intense à Loos-lez-Lille
  • 1er et 2 novembre 1853 : elle découvre sa mission dans l’Eglise
  • 1855 : le curé d’Ars la confirme dans sa mission
  • 19 janvier 1856 : elle arrive à Paris et fonde l’Institut des Auxiliatrices des âmes du Purgatoire
  • 1859 : elle adopte la spiritualité ignatienne (les Règles et les Constitutions de la Compagnie de Jésus)
  • 1863 : Fondation de la maison de Nantes
  • 4 août 1867 : appel pour la mission de Chine
  • 1869 : Fondation de la maison de Bruxelles
  • 7 février 1871 : elle meurt à Paris à l’âge de 45 ans
  • 1957 : elle est béatifiée par Pie XII

(Marie-Anne Bourgois, soeur Auxiliatrice du Purgatoire)

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2 commentaires

  • jeanne

    Comme Viviane, je ne connaissais pas la Bse Soeur Marie de la Providence…
    Son message : « aider à tout bien quel qu’il soit » me parle vraiment, pas besoin d’aller chercher bien loin,nous sommes servis, autour de nous il ne manque pas d’occasions !
    Ce matin, je voyais Dieu comme le semeur qui à mains nues lance les graines dans son champ, d’une même famille allez, 5 graines, elles partent aux 4 coins Et comme les grains de blé se multiplient éparpillées et le flux ne tarit pas elles se dispersent dans le monde pour faire germer de l’amour, de la tendresse, de la consolation, du réconfort, de la vie de Dieu partout,…les ratés ne manquent pas non plus, mais ils réveillent l’intéressé ou son entourage… Notre Dieu n’a pas peur de prendre des risques, il sème à tout va et avec le meilleur de chacun crée le royaume qu’il a promis. ALLELUIA !

  • Merci NDW de m’avoir fait découvrir Bse Marie de la Providence elle me parle vraiment.

    En effet, j’ai toujours eu confiance en la divine providence, à ne jamais savoir décider entre deux choses permanentes de ce monde.
    Préfèrant le long terme, soit la prochaine vie et tout miser sur celle-ci. Mais bien sûr, privée d’omniscience je fais des erreurs, mes choix et moyens employés sont souvent impuissants…pardon, aide moi Seigneur à montrer plus de conviction pour vous faire suivre justement.

    Le purgatoire est en cette vie ci (en ce qui me concerne, et encore ça va : je n’ai pas une maladie mortelle mais seulement imprévisible, douloureuse et handicapante après des débuts difficiles aussi).

    C’est pour nous faire comprendre le sens de la vie, de la mort, de la maladie et de la vieillesse et pour espérer en sa libération et y oeuvrer, pour aller demeurer dans le coeur de Jésus ou de Marie dans le royaume parfait des origines d’où nous sommes exilés.

    Et ce royaume n’est pas forcément une terre promise après la mort, il est possible immédiatement. Mon âme Exulte mon Sauveur exaltée de miséricorde. (Non, non, je n’ai rien pris ! Seulement ce que l’on reçoit et ce que l’on devient à chaque eucharistie).

    Merci, pour vos prières perpétuelles.
    Amen

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