La musique est le chant du silence Maurice Zundel

Dans ce texte, Maurice Zundel nous livre une définition pour le moins déconcertante de la musique : elle est le chant du silence. Qu’est-ce que cela veut dire ? Comment cela me parle-t-il ?

Pour en savoir plus sur Maurice Zundel, rendez-vous sur cette page.

 

La plus haute fonction de la musique ou plutôt son essence même, est de faire de tout notre être une vivante musique où Dieu Lui-même puisse se chanter…

Si vous entendez une pièce musicale, vous pouvez distinguer ses intervalles, reconnaître et analyser toutes les parties de la construction… Mais ce n’est pas encore la musique. Autrement, il suffirait d’appliquer strictement des règles pour être un artiste. Ce n’est pas le cas comme vous le savez. Un homme peut être un virtuose étourdissant, déchiffrer à vue n’importe quel morceau et nous laisser froids, comme si nous étions en présence d’un mécanisme parfait. Il n’y a personne…

La Musique c’est autre chose. L’artiste est celui qui nous transmet la présence, qui nous délivre de nous-même en nous introduisant dans notre intimité comme dans un dialogue de lumière et d’amour où nous ne sommes plus qu’une réponse totale à la Générosité qui nous appelle et nous accueille. Cela veut dire que l’artiste est celui qui écoute et dont la musique exprime justement ce dialogue qu’il devient. Alors, il y a dans son jeu ou dans son chant plus que lui-même qui nous fait découvrir en nous plus que nous-même.

La Musique, en d’autres termes, naît du silence et elle conduit au silence : du silence-de-soi dans l’artiste au silence-de-soi en nous-même. La musique est le chant du silence. Les sons et toute l’architecture mélodique ne sont que les porteurs de ce silence créateur que l’artiste écoute pour que nous l’écoutions à notre tour. La musique est le sacrement du Silence (le signe qui nous le rend sensible et le communique). Si le musicien s’écoute lui-même au lieu d’écouter la voix du Silence, alors il n’y a plus de musique. Il n’y a plus que lui-même, c’est-à-dire : zéro. La troisième dimension de la Musique est donc la Présence qui se révèle dans un silence qu’il faut devenir : Dieu Lui-même dans l’espace de générosité qui s’ouvre en nous dès que nous nous perdons en Lui. Cela revient toujours à dire que la Musique est médiatrice entre le silence que l’artiste écoute et le silence qu’il éveille en nous, itinéraire du silence au Silence.

 

 (Extrait de lettre citée dans Maurice Zundel,
de Bernard de Boissière et France-Marie Chauvelot)

 

Quelques pistes pour intérioriser cet écrit spirituel :

D’abord…

  • Je commence par déterminer le moment, le lieu et la durée de ma prière.
    Je me dispose sous le regard de Dieu, un regard qui m’aime.
  • Je demande à Dieu le don de m’ouvrir à son Silence, à sa Musique.

Puis… à un moment où je suis disponible intérieurement, où j’ai du temps,

  • Je lis cet écrit lentement, en laissant les mots et les images résonner en moi.
  • Puis je me demande :

quelles images ou quels mots me touchent le plus ?
quelles paroles pour aujourd’hui ai-je envie de laisser résonner en moi ?

Je choisis quelques paroles que je répète, que je rumine, tant qu’elles me donnent du goût.

  • Quelle prière ai-je envie d’adresser au Christ aujourd’hui ? Je lui parle avec mes mots.

Pour terminer…

  • Je redis le Notre Père, en communion avec toute l’Église.

 

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