Viens, Seigneur Jésus

Le Christ se présente dans l’Apocalypse comme celui qui vient. Cela a plusieurs sens. D’abord Jésus est celui qui est venu, il est Dieu venu vers nous, il est le geste de Dieu vers l’homme, et ceci est l’objet de notre foi. Mais il est aussi celui qui viendra, car c’est en lui que toutes choses trou­veront leur accomplissement. Comme le dit saint Paul :  « La création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu. » Et encore :  « Nous le savons en effet, toute la création jusqu’à ce jour gémit en travail d’enfantement. Et non pas elle seule; nous­-mêmes qui possédons les prémices de l’Esprit, nous gémissons nous aussi intérieurement dans l’attente de la rédemption de notre corps. »

Le monde entier est dans l’attente, et notre prière même doit être tendue vers l’accomplissement eschatolo­gique. Il faudrait que dans ce «  Viens, Seigneur Jésus » notre prière épouse toutes les attentes, toutes les souffrances physiques et morales de l’humanité qui nous entoure, en ayant conscience que nos vies et toutes celles qui nous entourent sont entraînées dans ce mouvement de la création entière vers le Christ.

Le Christ est aussi celui qui ne cesse de venir. Sa venue est pour chacune de nos âmes une réalité actuelle : «  Voici que je me tiens à la porte et que je frappe; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi. » Si nous laissons entrer le Christ, il nous fera partager ses dons et ses biens, il a une parole pour chacun d’entre nous. Perpétuellement par sa grâce il sollicite de l’intérieur nos cœurs. Pour cela, il demande que nous soyons attentifs à sa venue, que nous ouvrions les portes de nos âmes. Il est toujours celui qui vient, comme précise le texte :  « Je suis l’Alpha et l’Oméga, le Premier et le Dernier, le Principe et la Fin. » Il est le but vers lequel nous tendons, en lui tout finalement se résume, car il est l’unique fin des choses. Quelque chose a déjà commencé qui ne s’achèvera jamais, c’est notre transformation en Jésus Christ; il faut nous laisser faire par lui…

Il nous est demandé d’avoir soif, de nous ouvrir à Dieu pour laisser sourdre au fond de notre âme cette soif de grâce que seul le Seigneur étanchera :  « Qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif. » Cette parole s’adresse à tous sans exception, ni condition préalable; quels que soient nos péchés passés, notre médio­crité, notre insensibilité spirituelle, il suffit de croire à l’Amour, de croire que tout est toujours possible, que rien n’est irrévocable, ni échec ni infidélité. La grâce de Dieu peut tout guérir, tout sauver; retourner à Dieu est toujours un commen­cement absolu car la puissance de Dieu est sans limite.

« Que celui qui écoute dise : viens ! Et que l’homme assoiffé s’approche, que l’homme de désir reçoive l’eau de la vie, gratuitement. » Avec celui qui « rend témoignage » disons oui, Amen, en ouvrant nos cœurs à ce que le Christ veut ainsi accomplir en nous et par nous, pour que jaillisse au fond de nos cœurs cette source inépui­sable de vie et d’amour.

 

Cardinal Jean Daniélou
« Éléments de spiritualité pour laïcs d’aujourd’hui ». Cercles Jean-Baptiste, p.38-41

 

Pour télécharger une version texte de cet écrit (au format RTF), cliquez ici.

Répondre