Lisez l'Evangile

 

Nous sommes très peu nombreux à avoir lu un Évangile en entier. À voix haute. Lentement. Le crayon à la main pour souligner les paroles qui ne s’usent pas. Pour qu’elles entrent dans nos têtes dures. Celles qui nous disent sans mots compliqués, sans aucun artifice, « comme » il nous aime ! « Il » ? Jésus ou son Père. C’est tout un. C’est lui qui le dit.

Nous n’aurons jamais fini de lire et relire l’Évangile et de contempler sa manière unique d’aimer, d’aimer mieux, d’aimer toujours, d’aimer quand même !

Regardez : il se dessine en paysan un peu fou… Il sème partout, sans aucun sens de l’économie, pas seulement dans la bonne terre qui rapporte, mais sur le chemin des oiseaux, sur le rocher brûlant et dans les épines qui étouffent.

Les Douze se demandent – un peu bêtes – qui est le plus grand
Il appelle un petit enfant.

Ils discutent sur le nombre des pardons à donner ?
Il leur dit soixante dix fois sept fois.

On veut le faire roi ?
Il refuse ce genre de gloire et s’enfuit dans la montagne pour prier.

On veut savoir qui est le plus croyant en Israël ?
Il dit que c’est un centurion romain païen.

On veut savoir qui a la plus grande charité en Israël ?
Il dit que c’est la pécheresse qui lui parfume les pieds.

Il aime la fidélité des époux ?
Il est pourtant le seul à défendre la femme adultère.

Tout le monde l’a montrée du doigt du côté de Samarie ?
Il lui demande un peu d’eau, elle est la seule à qui il confie qu’il est le Messie.

Cet arbre qui ne porte aucun fruit ?
Il dit qu’il ne faut pas le couper, encore espérer et continuer de le cultiver.

Sa préférence de coeur est pour les pauvres ?
Il s’invite aussi chez Zachée qui se cache dans son arbre.

Lui, le Seigneur et le Maître ?
Il se met à genoux devant ses apôtres et leur lave les pieds.

On le crucifie en se moquant de lui ?
Il prie son Père de pardonner ceux qui se moquent sans savoir.

On veut lui prendre sa vie ?
Il dit qu’il nous la donne.

On lui donne du vinaigre ?
Il nous offre son sang.

On le croit mort à jamais, prisonnier de sa tombe ?
Il parcourt déjà les jardins de Judée, le chemin d’Emmaüs et les bords du Lac de Tibériade.

Pierre l’a renié ?
Il lui confie l’Église.

Paul l’a persécuté ?
Il le charge de la mission dans les nations.

Il semble nous quitter ?
Il est plus que jamais présent par son Esprit.

Nous avons peur de la souffrance et de la mort ?
Il n’arrête pas de nous dire que nous sommes faits pour la vie éternelle, la même que la sienne. Et qu’il nous y attend, qu’il nous y prépare une place.

Oh oui, lisez l’Évangile. Seul et ensemble. Pour ne pas lui faire dire n’importe quoi. Lisez-le chaque jour parce qu’il est Bonne Nouvelle. Trésor inépuisable.


Homélie de Mgr François Garnier, archevêque de Cambrai, à Festi’Paroisses (9 juin 2003)

 

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