Homélie sur la Pentecôte

Homélie sur la Pentecôte

 

Les disciples se trouvaient réunis dans la chambre haute…. « Et ils se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de parler ».

O chambre haute, qui es devenue un pétrin, où fut jeté le levain qui fit lever d’univers entier ! O chambre haute, qui es devenue la mère de toutes les Eglises ! O sein merveilleux qui as enfanté des temples pour la prière ! O chambre haute qui as vu le miracle du buisson : Moïse s’émerveilla de voir un buisson où brûlait le feu et qui ne se consumait pas. venez donc voir des membres de chair se réjouir au milieu des langues de feu !
O chambre haute, qui étonnas Jérusalem par un prodige bien plus grand que le prodige de la fournaise, lequel émerveilla les habitants de Babylone !

Le feu de la fournaise brûlait les gens de l’extérieur, mais épargnait ceux de l’intérieur ; le feu de la chambre haute rassemblait ceux du dehors désireux de le voir, et il réconfortait ceux du dedans. Le feu de la fournaise, c’est à l’extérieur des corps des saints qu’il brûlait, mais celui de la chambre haute, c’est au fond des cœurs des apôtres qu’il flambait. O feu dont la venue était accompagnée d’une voix, dont le silence répandait la lumière, et qui  établissait les cœurs dans l’action de grâce !

Or, les apôtres étaient là, assis, attendant la venue de l’Esprit. Ils étaient comme les soldats d’un roi qui attendent le moment où ils pourront revêtir leur armure pour marcher au combat. Ils étaient là comme des flambeaux qui guettent le moment où ils pourront être allumés par l’Esprit Saint et éclairer toute la création par leur enseignement. Ils étaient là comme des paysans qui portent la semence dans le pan de leur manteau et qui guettent le moment où ils recevront l’ordre de semer. Ils étaient là comme des commerçants pleins de zèle, attendant le moment où ils pourront se mettre en marche pour distribuer au monde leurs trésors. Ils étaient là comme des marins dont la barque est ancrée au port du commandement du Fils et qui attendent qu’un vent doux souffle pour eux. Ils étaient là comme des bergers qui viennent de recevoir leur houlette des mains du grand Pasteur de tout le troupeau et qui guettent le moment où les troupeaux leurs seront donnés en partage.

« De toutes les nations qui sont sous le ciel, il se trouvait donc là des gens réunis » par l’action de l’Esprit et « ils entendaient parler dans leurs propres langues » et ils disaient :
«  Ces gens-là ne sont-ils pas des galiléens ? » Comment parlent-ils dans nos langues ?… Ces gens-là ont bu du vin et ils sont ivres ». Vous avez dit la vérité, mais ce n’est pas ce que vous croyez. Ce n’est pas du vin des vignes qu’ils ont bu. C’est un breuvage nouveau qui leur coule du ciel. C’est un vin récemment pressé sur le Golgotha. Les Apôtres le firent boire et ils enivrèrent ainsi la création. C’est un vin que pressèrent les bourreaux à la Croix. Ceux-ci n’en burent pas mais c’est un vin qui fut donné aux croyants pour le pardon…

… Le prophète avait crié : « dans les derniers jours, je répandrai mon Esprit sur toute chair et ils prophétiseront ».

Le Père a promis, le Fils a agi et l’Esprit a accompli… O merveille que réalisa l’Esprit par sa venue !

 

Isaac le Syrien, moine et évêque de Ninive, VIIème siècle

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2 commentaires

  • Marie-Anne HENRY

    “oh chambre haute qui a vu le miracle du buisson”
    J’aime ce rapprochement entre le Cénacle et le buisson ardent où Dieu révèle son Nom à Moïse : c’est pour moi une ouverture sur un “horizon plus large”, et une autre caractérisation de ce qui se passe en ce lieu. Magnifique est le Seigneur !

  • Marius MORIN

    En ce temps de guerre sale que des extrémistes égorgeurs livrent à la Syrie présentement, je prie et confie à Isaac ce peuple qui souffre le martyr depuis deux ans.

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